mardi 18 mars 2008

De l'évolution des réseaux sociaux

Les sites tels que radio blog, you tube, my space, deezer... existent aujourd'hui pour une seule raison: ils ont contourné pendant des années le copyright et le droit d'auteur. Donc, ces sites existent car ils ont fonctionné dans l'illégalité puisque l'audience de masse qu'ils ont atteint vient en grande partie de la diffusion de très nombreuses oeuvres protégées par le droit d'auteurs dont ils n'avaient pas négocié les droits au préalable.
Et, ne l'oublions pas, c'est cette illégalité qui a produit un nouveau système économique et qui a enrichi autant les internautes pour l'accès aux contenus que les propriétaires/créateurs des sites grace à la pub: Youtube pèse des millions de dollars (google n'a pas racheté le site pour rien....), Myspace devient un vrai petit empire...
Aujourd'hui les sites communautaires cachent leurs jeux sous leur étiquette "réseaux sociaux" mais peu à peu, ces sites sont de vrais diffuseurs en masse de contenu commercial et donc des partenaires de l'industrie du disque, du cinéma ou de la télévision.

Après cette période de création "underground-illégale", la lune de miel est finie. Ces sites ont aujourd'hui les moyens de payer pour diffuser leurs contenus. Après s'être fait tirer les oreilles, les principaux sites communautaires sont entrés dans une phase de régularisation de leurs activité en signant des accords de diffusion: Youtube a signé avec les 4 majors du disque et avec des producteurs de contenus audiovisuels (M6, France télévision; union syndicale de la production audiovisuelle...). Dailymotion idem. Deezer a signé un accord expérimental avec la Sacem et des labels pour son service d'écoute à la demande.
Reste un problème: même si les ayants droits, les majors et les SPRD sont aujourd'hui plus réactifs, la complexité et le nombre des négociations à mener avant de pouvoir atteindre un catalogue de taille acceptable pose problème: il n'y a aujourd'hui qu'un seul catalogue mondial proposant tous les styles: le P2P illégal. Il faut donc se demander si le légalisme est un principe économique viable pour les entreprises innovantes dans le domaine des contenus.


Cette évolution soulève une question qui semble primordiale: ces sites recréent de l'intermédiation là où l'on croyait au contraire qu'Internet allait permettre aux artistes en tout genre de s'affranchir de tous les intermédiaires, à l'image de ce qu'a fait Radiohead récemment. Ils deviennent les nouveaux intermédiaires dans un environnement de l'économie de la musique/du cinéma où il est de plus en plus difficile de gagner de l'attention pour sortir de la masse.

Il faudra voir avec le temps: peut être qu'on parlera un jour de Myspace comme l'on parle aujourd'hui de TF1? N'oublions pas qu'internet et son principe de base (finalement ce qui fait l'originalité du media) est la décentralisation. Est-ce le cas lorsque tout le monde passe naturellement par UN moteur de recherche, par UN site d'écoute en ligne....? La légalité de la diffusion engendre nécessairement une centralisation qui semble être dommageable a bien des égards.
Finalement, l'internaute créera peut être sur internet un modèle social et économique pas si lointain de celui des médias de masse d'aujourd'hui?! A priori, non. Internet et sa liberté à offrir et diffuser du contenu pour et par chacun d'entre nous ne le permet pas.

Mais prudence....

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