De nouvelles pratiques très intéressantes se forment et continuent de se former sur internet, qui concernent la diffusion, mais aussi la création ou la production, dans lequel l'internaute joue un rôle croissant. Comme nous avons pu le décrire en début de cette fiche, l'essor actuel d'internet se construit autour de l'internaute qui devient à la fois consommateur et acteur de la chaîne de production et de diffusion des contenus. Dit comme ça, ce n'est peut être rien mais c'est en réalité une véritable révolution des rapports marchants. Il faut bien se souvenir qu'au début du Web, les relations étaient globalement basées sur un schéma vertical classique entre un service qui émet et un utilisateur qui consomme. Aujourd'hui, , le podcasting est monnaie courante; les blogs, les sites communautaire fleurissent (avec leurs avantages et leurs inconvénients...).
- LES RESEAUX SOCIAUX
Les sites communautaires dits réseaux sociaux tels que facebook, myspace, youtube...unissent des millions de personnes à travers le monde. Ces sites constituent une des plus importantes évolutions de l'internet ces dernières années.
Prenons l'exemple de MY SPACE pour comprendre quelques changements induits sur la diffusion de la musique:
Fondé en 2003, myspace est au départ un service permettant à chacun de ses membres de disposer d'une page de profil personnalisé et surtout d'interagir avec les autres membres.
Le site est depuis très connu pour sa section myspace music (plus de 200 millions d'inscrits) ou aujourd'hui, tout musicien amateur ou professionnel ou label se doit d'avoir son espace. Ce service permet aux musiciens de fédérer une communauté autour d'eux, d'informer les fans de leur actualité musicale, de mettre en ligne leurs dates de concerts, leurs videos, quatres chansons en streaming ou en téléchargement.... les artistes les plus actifs répondent même directement à leur fans! l'artiste peut autoriser d'autres membres à reprendre sa musique sur sa propre page, ce qui constitue un outil promotionnel des plus efficaces.
Récemment, myspace a passé un pas et a innover en mettant en place le « me, myspace and my band »: Depuis avril 2007, MySpace organise dans la France entière, des concerts gratuits avec les jeunes groupes qui créent le buzz dans leur région grâce à MySpace.
Ces concerts, qui couvrent tous les genres musicaux, de la chanson française à la pop en passant par le rock, l’électro et le métal, ont permis à plus de 50 groupes français de se produire sur scène et de partir à la rencontre de leur public en live. Plus de 15 villes ont accueilli les concerts «Me, MySpace & My Band» parmi lesquelles Montpellier, La Rochelle, Amiens, Nantes, St Lô, Bordeaux et Pau. Aujourd’hui, 15 de ces groupes ont été sélectionnés pour faire partie d’un album au son unique : la compilation « Me, MySpace & My Band ».
En lançant la première compilation digitale «Me, MySpace & My Band», avec ’iTunes et Believe Digital, MySpace a décidé d’aider ces jeunes groupes à se faire connaître au-delà de leur région. Chaque groupe percevra un pourcentage des ventes générées par la compilation, en revanche MySpace ne bénéficiera d’aucune retombée financière. En un clic sur iTunes et pour 4,99 €, les internautes peuvent découvrir cet album et le télécharger légalement sur leur lecteur MP3 pour se laisser emporter dans l’univers musical de ces 15 groupes.
Voilà un exemple concrès de ce qu'internet change dans les pratiques et les modes de production et diffusion de musique.
Pour finir sur les réseaux sociaux, on peut légitimement se demander si ces systèmes ne vont pas uniformiser encore plus les cultures locales pour mettre en avant une culture mondial aseptisé. Pourtant, en 2006 l'entreprise CustomCore a fait une enquête mondiale sur le contenu et l'utilisation de ces sites. Les chiffres prouvent exactement le contraire. A chaque région du globe semble se dessiner un MySpace local qui enrichie la possibilité d'exprimer la singularité de chacun sur cette terre. Bonne nouvelle.
- LES SYSTEMES DE RECOMMANDATIONS AUDIO
Autre système, autre pratique: les outils de recommandations. Face à l'abondance des oeuvres disponibles sur internet, l'émergence de filtres de personnalisation dans les flux proposés à l'utilisateur sont devenus courants. A la base, on avait le "les internautes ayant acheté ceci ont également acheté cela ". Aujourd'hui, ces recommandations (plus ou moins critiquable puisqu'il s'agit ni plus ni moins de pistage de nos pratiques) face à nos goûts vont plus loin: filtrage collaboratif, comme sur last fm ou un travail statistique se fait sur les oeuvres consommées par chaque usagers; monitoring des oeuvres écoutées sur notre ordinateurs mais aussi de celles qui y sont stockées; notation personnelle des oeuvres... Aujourd'hui même, des projets comme le music genome project analyse « intelligemment » la musique pour la classer suivant les goûts de chacun: le music genome project est un algorithme intégré au service pandora qui analyse les caractéristiques intrinsèques d'une oeuvre audio (tempo, mode, tonalité...).
- L'INTERNAUTE PRESCRIPTEUR, DIFFUSEUR, DISTRIBUTEUR, CO-PRODUCTEUR...
Avec les blogs personnels, les mega blogs tels que facebook ou myspace, l'internaute a aujourd'hui des moyens innombrables pour diffuser de l'information et recommander des contenus. A ce titre, comme cité dans la définition du blog dans le lexique de cette fiche, les blog les plus influents sont intégrés dans les plans médias de industries de contenus. Concrètement, ces blogs deviennent des supports de pub voir de diffusion et de distribution. D'ailleurs, dans ce cas la frontière est floue entre promotion et piratage quand ce sont les internautes eux mêmes qui diffusent des oeuvres protégées.
Assez récemment, l'internaute peut contribuer au financement d'une oeuvre. cela n'est pas très nouveau: cela s'appelle la prescription. C'était le cas en 2006 par exemple pour l'album de Mano solo « in the garden », dans le but d'avoir assez d'argent pour promouvoir le disque. Les prescripteurs donne une somme d'argent et on en retour l'album gratuitement et en avant première mais aussi accès à des infos en exclusivité sur la production de l'album.....
D'autres sites tels que artistshare aux états unis, sellaband aux pays-bas ou spidart, no major company ou my major company en France, mettent en place des systèmes de « co-production » pour lancer des artistes inconnus. Ils suscitent l'engouement de nombreux observateurs et d'artistes. Ces sites veulent mettre entre les mains de l'internaute lambda et des "communauté web 2.0" le pouvoir d'une maison de production, ou plutôt, de ses actionnaires.
Les mécanismes divergent selon les services mais le principe reste toujours le même : vous misez sur un artiste auquel vous croyez et si vous tapez juste, vous pouvez escompter un retour sur investissement. Sur le papier, ça paraît prometteur. Plutôt que des directeurs artistiques au service d'actionnaires, c'est à vous de faire le pari de la réussite d'un artiste. C'est un peu la star academy du net...... Mais c'est avant tout une marche de plus que gravit le Web 2.0 dans le processus de sélection des talents. Rappelons que les directeurs artistiques s'appuient déjà sur des plates formes communautaires pour faire leurs choix: La direction artistique de Sony BMG refuse l'envoi de démos CD pour mettre en place deux blogs communautaires où les prétendants à une signature pourraient publier leurs morceaux. Aujourd'hui, EMI fait de même. Il n'est plus vraiment nécessaire de travailler suffisamment le terrain ou de connaître personnellement le directeur artistique d'une maison de disque pour espérer décrocher une signature. Tout le monde a sa chance. Mais le revers de la médaille, c'est qu'il renforce cette espèce d'inutilité que l'on projette de plus en plus sur les maisons de disque. Le travail d'un bon directeur artistique, c'est bien de dénicher la petite perle inconnue et bourrée de talent pour la porter aux yeux du public. Si la tendance se confirme, les dénicheurs de talent, ceux qui ont parfois misé sur des projets auxquels personne ne croyait et qui ont été à la base de véritables révolutions musicales disparaitront au profit du plébiscite populaire. Pour le meilleur, ou pour le pire ?
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