jeudi 13 mars 2008

peer to peer et creation de l'offre legale

Le MPEG1-LAYER THREE- Mp3- est né dans les années 90. Le format n'est donc pas si récent. Peu ou mal utilisé, son potentiel n'était pas exploité pour la musique mais pour la compression video. Le streaming commence sur certain site comme DJ.com mais c'est le site internet MP3.com et le développement du haut débit des 1998 aux états unis qui lance la machine. Le site MP3.com est un site ou des inconnus peuvent poser leur musique pour la faire découvrir au monde entier. C'est alors une vraie révolution: un artiste lambda peut faire écouter sa musique a une personne alpha a l'autre bout du monde pour...0€. Sauf qu'il se passe un événement imprévu: petit a petit, les utilisateurs du site crée mymp3.com, relié au premier, dans lequel il mette les fichiers numériques des albums qu'ils possèdent pour pouvoir les écouter. En parallèle Napster est né, en 1999, du cerveau d'un jeune américain de 19 ans. le Logiciel est basé simplement sur la notion du partage et de la mise en commun de ce que l'on aime, une des base d'internet. Ainsi, les ordinateurs communiquent entre eux directement pour s'échanger des fichiers mp3. Le Peer to Peer est né. En 2001 le site ferme après une plainte de l'association de l'industrie de l'enregistrement américaine. Mais le milieu de l'informatique est un terreau très vivace et rapidement se créent de nouveaux logiciels pour faire vivre des réseaux P2P plus nombreux encore et plus difficiles à faire fermé car basés sur une architecture différente, décentralisée. Il faut enfin savoir que les éditeurs de logiciels p2p vivent sur la publicité ainsi que sur la revente très critiquable de profils internautes à travers des logiciels espions pour certains logiciels.

Les entreprises françaises ou filiales françaises de multinationale ont mis beaucoup de temps à mettre en place une réelle offre attractive de par le nombre de morceaux proposés, leur prix, ainsi que la facilité d'utilisation de leur plate forme. Il en est de même pour de nombreuses autres activités économiques. Sans aucun doute l'évolution qu'offre internet est difficile à gérer pour toute une génération aux commandes qui est peu imprégnée par ces nouvelles pratiques. D'autant plus que les majors sont bien conscient de ce qui se passe: à la perte des profits s'ajoute l'abandon des moyens de contrôle sur la production de symboles: les multinationales de l'entertainment (du loisir) détiennent en effet un pouvoir à ne pas négliger: en finançant les films, les séries, les jeux vidéos, la musique...les majors veillent à ce que le système de valeurs morales, économiques, politiques....portés par leur produit reste en conformité avec le système sur lequel elles sont assises.

On peut reprocher à l'industrie du disque plusieurs erreurs stratégiques commises de par eux même: Par exemple, au milieu des années 90, les laboratoires allemands Fraunhofer sont venus présenter le format MP3 aux majors du disque et ces dernières s'en sont tout simplement désintéressées! Les dirigeants de l'époque le savent bien: leur souhait était d'intégrer le numérique dans le modèle d'affaire traditionnel de l'industrie musical. Ainsi, arrivé a la fin des années 90, les labels commencent a être conscient qu'il existe un certain potentiel avec la musique numérique. Pourtant. alors que Napster et MP3.com se développent pour le bonheur de ses utilisateurs et le malheur des majors, ces dernières, plutôt que de mettre en place une vente de leur catalogue en MP3, proposent des échantillons de basse qualité... Il faut réellement attendre 2001 pour que l'industrie musicale propose une alternative au p2p avec Musicnet (EMI, AOL-Time warner, BMG) et press play (Sony, Universal). Fruit de plusieurs erreurs et manque en tout genre, ces plates formes légales ne parviendront pas à s'imposer (l'abonnement était cher, la qualité des fichiers impensable aujourd'hui, des catalogues réduits, des restrictions sur l'usage des fichiers téléchargés -impossible de graver ou mettre sur un baladeur mp3!! ...).

En réalité, on peut largement expliqué l'essor du p2p au delà de la gratuité: l'industrie du disque n'a ouvertement pas voulu sortir de son schéma normal et développé le numérique. Le retard ainsi pris et la non volonté de comprendre les besoins et les attentes des mélomanes. Les années 2000 largement passées, nous somme a l'ère du numérique. Indéniablement. En parallèle à ce changement, c'est la première fois que l'industrie musicale rate le coche et perd le contrôle de la distribution de leur catalogue de part leur propre choix et leur volonté de tout pouvoir contrôler. Les majors n'avaient pas compris à quel point l'internaute peut saisir l'outil internet et créer un fabuleux réseaux d'échange. Pourtant, déjà, certaines majors (et leur groupe d'attache) auraient pu jouer de la complémentarité de leurs activités (fournisseurs d'accès à internet, fabricant de baladeur mp3...). Un acteur sur lequel on n'aurait pas parier 2 sous va jouer très fin, tant du coté marketing, économique, stratégique....: Apple.

Cette firme de l'électronique grand public va mettre en place une stratégie et un circuit de vente de musique en ligne incontestablement efficace mais largement critiquable. C'est à partir de 2003 donc qu'Apple commence à maîtriser un circuit de vente de par sa plate forme/lecteur Itunes music store; jusqu'à l'écoute avec son baladeur Ipod. Apple est critiquable sur plusieurs angles: d'abord, c'est cette firme de steve jobs qui a fixé le prix de vente d'un morceau (0,99€ le titre). Ce prix est largement contestable, car si Apple a créer ce prix, c'est parce qu'Itune est un produit d'appel pour vendre des Ipod où là, Apple se fait une marge confortable. Le problème, c'est qu'avec le succès d'Itune, l'ensemble des plates formes légale se sont abaissées et alignées à ce prix là. Ainsi aujourd'hui, le prix universel d'un titre est de 0,99€. Un album, quel que soit le nombre de titre est facturé 0,99€. Il faut savoir que la rémunération versée aux maison de disque sur le vente d'album numérique représente (apres prélèvement bancaire et droits sacem) entre 78 et 85% du prix hors taxe du disque. Pour un album physique, ce chiffre se situe autour de 45%, une fois décomptés les frais de distribution et de pressage, inexistant en ligne, ainsi que la somme dûe aux auteurs et la marge moyenne des détaillants. Concrètement, cela veut dire qu'un album vendu en ligne est largement plus rentable qu'un album physique. Nous reviendrons sur les questions de coûts plus tard.

Aujourd'hui, en France et dans le monde, la firme à la pomme est incontestablement le leader de la vente de musique numérique payante (La plateforme iTunes Store compte désormais 50 millions de clients et a vendu plus de 4 milliards de chansons, dont 20 millions uniquement le jour de Noël, le 25 décembre 2007, avec un catalogue qui compte plus de 6 millions de chansons collectées auprès des majors et de plusieurs milliers de labels indépendants). Sont aussi présents sur le marché (pour les principaux): FnacMusic, Virginmega, E-compil (Universal music), SonyConnect (Sony BMG), Napster, O2. Récemment, le site Emusic, qui fut le premier à mettre en ligne des MP3 payants (sans DRM), a mis en service sa plate forme en Europe. Cette dernière a la particularité de ne diffuser que des artistes provenant de labels indépendants et est ouvertement faite pour les mélomanes avertis. Début 2006, il existe 335 services de téléchargement payant dans le monde contre 50 en 2003. Toutefois, au prix actuel, les marges des plates formes sont comprimées à l'extrême et ainsi, leur pérennité est menacé. Il ne serait donc pas surprenant de voir une concentration des plates formes de téléchargement, la survie d'une centaine de plates formes ne semblant pas etre économiquement possible à long terme.

En 2005, la vente de musique en ligne (internet et mobile) représente 5,5% des ventes. En 2007, alors qu'une nouvelle baisse des ventes en gros (entendez par là les livraisons des labels aux distributeurs) devrait être comprise entre 15 % et 20 % ; les ventes de musique enregistrée dépassent les 30% des ventes de musique enregistrée! Un chiffre que les plus optimistes pensaient atteindre en 2010!!

Apple a rapidement mis en place des système de protection et d'incompatibilité entre les fichiers téléchargés sur Itune et les baladeurs autre que Ipod ou le contraire: une incompatibilité Ipod et fichiers téléchargés ailleurs que sur Itune. Cette politique est clair et tend à s'accaparer l'exclusivité d'un circuit de diffusion. Ce modèle d'incompatibilité entre formats de fichiers et baladeurs a été suivie lui aussi par toutes les majors et industrie électronique. Chacun a son format: windows, Apple, sony... Cette absence d'interopérabilité entretient un jeu pervers: il freine les consommateurs dans l'achat légal puisque restreint l'utilisation des fichiers téléchargés. Et ainsi, ce problème additionné aux DRM (dispositif de protection des fichiers, voir chapitre a ce sujet) favorise le p2p ou encore aujourd'hui l'offre est plus conséquente en artistes divers et les fichiers, en mp3, peuvent être utilisés sans contrainte. La loi DADVSI votée début 2006 souhaite au contraire une interopérabilité des plates formes de musique en ligne. Mais cela reste un souhait et la mise en oeuvre est au libre choix de chacun. Certaine plate forme ont pourtant fait un choix qui semble être porteur de bien des attentes des consommateurs: par exemple, le site emusic fonctionne par abonnement (20€/mois pour 90 morceaux), avec des fichiers au format mp3 sans aucune restriction (on garde les fichiers tant que l'on veut, on peut les copier, les graver a l'infini...). Reste encore une fois la question du prix de vente.

Apple, il faut le rappeler ne vend que du contenu qu'elle achète à des majors. Sur le marché physique tout comme sur le marché numérique, quatre majors de la musique sont ultra présentent: Universal Music, Warner Music, Sony BMG et EMI. Il faut savoir que sur le marché physique, ces 4 géants réalisent les ¾ du chiffre d'affaires mondial de l'industrie du disque, laissant le reste à des centaines de labels indépendants. Dans la course du numérique, tout comme sur le marché physique, les majors ont un atout indéniable: la plupart étant des multinationales du multimédia et du loisir en général; ces dernières détiennent et maîtrisent une large gamme de contenus (vidéo, musique, jeux vidéo...) et les moyens de diffusion/stockage physique de ces contenus puisqu'elles détiennent des filiales qui sont des fournisseurs d'accès à internet, à la télévision par câble/adsl/satellite... C'est donc pour ces majors une réelle force de détenir les tuyaux et ce que l'on envoie dans les tuyaux. On a pu ainsi se retrouver dans des situations où Sony, en tant que majors du disque, dénonçait à l'époque le gravage de cd massif alors que ce dernier vendait des graveurs avec une promotion assez tendancieuse sur la musique. Il en est de même pour les fournisseurs d'accès à internet: la plupart ont fait dominer dans leur publicité la possibilité de télécharger des tonnes de contenus multimédia (alors qu'à l'époque il n'existait aucune plate forme légale ou quasi pas, en tout cas pas satisfaisante sur l'offre/prix contrairement à aujourd'hui) et en parallèle, les majors commençaient à se plaindre du piratage alors que ce sont leurs filiale internet qui allumaient la mèche. Ce jeu schizophrénique a souvent été dénoncé.

Dans le livre « l'industrie du disque », les auteurs proposent des explications de la baisse des ventes de disque autre que « le piratage » qui semble, du moins pour les majors, n'être que les seul responsable de tous leurs maux. D'abord, ceux-ci expliquent que l'explosion de la demande de mobilité peut conduire le consommateur à un arbitrage budgétaire le faible développement de l'offre légal ayant pu encourager les échanges illégaux. aussi, les supports de musique enregistrée ont un cycle de vie classique, tout comme n'importe quel produit. Dans les années 80, l'industrie musicale avait été en crise car le vynil touchait à la fin de vie de son cycle. Aujourd'hui, c'est au tour du CD de subir cette fin de vie. Or, le support qui tend a être le plus à même de le remplacer est le fichier numérique. Mais, pour la première fois, le format n'a pas été introduit par l'industrie du disque mais par le consommateur lui même (le fonctionnement 'internet a pu permettre cette petite révolution).

Le succès des plates formes payantes aujourd'hui permet un constat: ce n'est pas parce que le P2P est vivace (c'est encore le cas aujourd'hui) que cela empêche le développement de l'économie dite légale de la musique numérique. Toutefois, l'évolution de l'année 2007/2008 tend vers...la gratuité légale!

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