Avec la démocratisation d'internet, on assiste à l'explosion du nombre de groupes visibles par le public virtuellement. Deux raisons majeures selon moi expliquent ce fait: tout d'abord la facilité de diffusion via internet pour un groupe, grâce à des sites comme boxson.net, dogmazic.net, jamendo.com et l'incontournable Myspace. Les diffuseurs à playlists tels que les Deezer, radioblog, lastfm pour ne citer qu'eux y contribuent aussi.
Mais aussi une vérité dont on entend peu parler est la baisse considérable des coûts d'enregistrement. En effet, un ordinateur équipé d'une carte son et d'un microphone constitue un home-studio accessible à tous pour des prix avoisinant le millier d'euros. Couplé à des logiciels de MAO (musique assistée par ordinateur) toujours plus performants qu'ils soient libres, achetés ou piratés, et moyennant quelques heures de travail qu'un passionné est prêt à fournir, nous voilà avec des morceaux d'une qualité sonore très respectable, au moins égale à celle de la musique diffusée sur les médias sujets aux parasites sonores. Le CD autoproduit inonde également les disquaires locaux puisque le même ordinateur permet l'élaboration du graphisme à coût nul et que les frais de pressage et impression diminuent sans cesse.
Pour le mélomane et la musique en général, on peut se réjouir de ces constats puisque la diversité artistique est d'autant plus assurée que la multitude des groupes s'accroit et la gratuité offre l'abandonce de musique pour tous.
Une conséquence découle néanmoins de ces constats: la part des musiciens pouvant espérer vivre de leur musique diminue proportionnellement puisque le marché de la musique ne croît pas à la même allure et au contraire l'industrie du disque connaît une période difficile. Se pose-t-alors la question de la place de la musique amateur par rapport à la musique professionnelle. Indéniablement la rémunération des artistes et intermédiaires nécessaires à la création doit être assurée pour éviter un nivellement par le bas de la production artistique. Mais dans un contexte de changement des modes de revenus de la filière musicale et de l'évolution de la législation autour du numérique, l'amateur doit cohabiter avec le professionnel, la frontière entre ces deux milieux étant difficile à définir comme le prouvent depuis 2004 les travaux réguliers du département des études, de la prospective et de la statistique du Ministère de la Culture et de la Communication.
La question reste posée... il est de bon ton d'espérer de la part du ministère de la culture une prise en compte de ces changements pour l'élaboration des politiques culturelles et numériques à venir, alors que les majors façonnent un tout autre paysage à force d'accords avec fournisseurs d'accès aux contenus, FAIs et sites diffuseurs, se donnant ainsi les moyens de garder la main sur les artistes à promouvoir, et le contrôle des tendances...
dimanche 24 février 2008
La quantité de groupes de musique sur le net explose
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire