jeudi 20 mars 2008

Et pour bientot

Pour prendre la température au niveau des maisons de disque, de l'évolution des contrats artistes/labels; rien ne vaut un petit résumé du MIDEM/MIDEMNET 2008, le salon ou l'industrie mondiale de la musique est venue chercher quelques clés pour son futur. Plusieurs idées clés sont à retenir de ce salon. D'abord, les majors ne boudent plus internet et même (hallelujah), l'optimisme est de mise puisque l'argent commence à rentrer et tout le monde le sait, les majors sont en train de refaire leur beurre sur le net et la téléphonie. Seulement la transition a été difficile, puisqu'il a fallu changer ses manières de fonctionner. Il en a fallu du temps pour qu'ils comprennent cela.
Toutefois, le marché physique baisse moins vite que prévu. Un vaste programme de revalorisation des droits d'auteurs et droits voisins est dans les starting block de l'état français (prolongement de la durée ce ces derniers).

Mais le plus intéressant, c'est que les producteurs semblent prêt à mettre en place de nouveaux modèles. Ce qui ne va pas forcément dans le sens des artistes, pour changer. Une solution face à la demande de modèle « gratuit »?: le contrat "360°". Pour compenser les « pertes », les majors sont en train de mettre en place ces nouveaux contrats avec les artistes: en plus du disque, les majors s'occuperont des concerts de leurs artistes, donc des tournées, mais aussi du merchandising (t-shirt....). Pour ce faire, les mastodontes de la musique rachètent à tout-va des tourneurs ( Warner a récemment racheté camus production qui fait tourner notre coq national, Johnny Halliday) et des salles de concerts (et en construisent) . Ainsi, les majors auront la main mise sur l'ensemble des activités des artistes. Cela n'est pas vu d'un bon oeil par la majorité de ces derniers puisque les concerts et le merchandising, c'est concrètement là dessus que vivaient les artistes car les disques, rappelons-le, ne nourrissent pas nos artistes . Cette concentration est donc à surveiller de prêt.
De toute façon, il faut bien se dire que le modèle économique et légal est en construction et que tout peut changer du jour au lendemain: Apple qui vend actuellement à l'unité est en train de négocier avec les majors pour instaurer une taxe sur la vente des IPOD afin que les consommateurs aient ensuite accès à l'ensemble du contenu d'itunes gratuitement... Tout reste à venir.

On a aussi appris récemment une nouvelle assez ironique mais qui est de bonne augure pour les partisans de la licence légale/globale: : pendant le MIDEM 2008, une réunion strictement privée d'une cinquantaine d'intervenants se serait ainsi déroulée à Cannes sur ce sujet précis, et rassemblé entre autres la Fédération Internationale de l'Industrie Phonographique (IFPI), Sony BMG, T-Mobile, Orange, et différentes sociétés de gestion collective.

Dans tous les cas, l'introduction de la consommation illimitée et « gratuite » par l'industrie musicale n'a pas encore inventé le p2p légal. Elle a imposé des barrières tels que les DRM et la limitation (de nouveau) d'un catalogue contrôlé, hors raretés, livre et tout autres bootlegs dont on a pu parler plus haut.

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